La théière de Russell

Russell en 1938

Bertrand Russell, un des plus grands philosophes du XXe siècle se déclarait philosophiquement agnostique et athée pratiquant, il a écrit :

« De nombreuses personnes orthodoxes parlent comme si c’était le travail des sceptiques de réfuter les dogmes plutôt qu’à ceux qui les soutiennent de les prouver. Ceci est bien sûr une erreur. Si je suggérais qu’entre la Terre et Mars se trouve une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du Soleil, personne ne serait capable de prouver le contraire pour peu que j’ai pris la précaution de préciser que la théière est trop petite pour être détectée par nos plus puissants télescopes. Mais si j’affirmais que, comme ma proposition ne peut être réfutée, il n’est pas tolérable pour la raison humaine d’en douter, on me considérerait aussitôt comme un illuminé. Cependant, si l’existence de cette théière était décrite dans des livres anciens, enseignée comme une vérité sacrée tous les dimanches et inculquée aux enfants à l’école, alors toute hésitation à croire en son existence deviendrait un signe d’excentricité et vaudrait au sceptique les soins d’un psychiatre à une époque éclairée, ou de l’Inquisiteur en des temps plus anciens. »

Émission de CO2

 

CO2 depuis 1750

Total des émissions de CO2 depuis 1750

Mes réflexions sur la société du CO2 m’ont amené à croiser souvent la courbe ci dessus dont j’ai eu beaucoup de mal à tracer l’origine. En voici la source. Cette source est un fichier de tableur, ce qui permet de travailler la courbe.

Cela m’a permis de montrer l’inexactitude de l’affirmation d’une croissance exponentielle de la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Ajustement polynomial à la quinte

Ajustement de la courbe des émissions de CO2 par un polynôme de cinquième degré montrant l’inexactitude d’une croissance exponentielle de la quantité de CO2 déversée dans l’atmosphère.

Il est en effet possible d’obtenir un excellent ajustement de la courbe par un polynôme de cinquième degré. À partir de là il devient simple de soustraire la courbe d’ajustement pour étudier les variations de la courbe générale :

Résidu de la soustraction d’un ajustement quinte à la courbe des émissions de CO2

Sur cette courbe il est plus aisé d’observer l’effet des guerres et les crises. La baisse de consommation en 1914 ne se résout partiellement que par un nouvel effondrement en 1929 et sa « grande crise ». Pendant la deuxième guerre mondiale la consommation se maintient et une forte croissance redémarre en 1945 qui est perturbée par les chocs pétroliers de 1973, 1978 et 2008, ce dernier choc étant lié à la grande crise financière des subprimes.

À cette adresse : Global_Carbon_Budget_2014_v1.1  il est possible de charger les émissions de CO2 par matière et par pays sous forme de fichier de tableur depuis 1960.
Global Carbon Budget 2014, DOI: 10.5194/essdd-7-521-2014

 

Émissions CO2 1960-2014

Émissions de CO2 dues aux combustibles fossiles et au ciment

travailler sur un fichier permet de franciser des documents que l’on ne trouve généralement qu’en anglais sur le ouèbe.

Source : Boden, T.A., G. Marland, and R.J. Andres. 2017. Global, Regional, and National Fossil-Fuel CO2 Emissions. Carbon Dioxide Information Analysis Center, Oak Ridge National Laboratory, U.S. Department of Energy, Oak Ridge, Tenn., U.S.A. doi 10.3334/CDIAC/00001_V2017.

Les mots

Les mots sont des lisseurs d’univers. Chacun perçoit l’univers à sa manière en fonction, à la foi, de ses perceptions et de son histoire personnelle. Tel qui est daltonien ne sait pas dire la couleur de la table, tel autre associe la table à un souvenir plaisant. Mais l’un et l’autre reconnaît le même concept dans le mot « table ». Plus les concepts sont complexes plus les divergences d’acception croissent menant à l’extrême au conflit idéologique. La méthode scientifique permet de travailler patiemment à construire une vision commune des concepts, d’aboutir à un consensus et ainsi éviter le conflit idéologique.

Certains concepts sont d’un tel niveau de difficulté que même la méthode scientifique peine à lisser les divergences. Il en est ainsi de la loi de l’évolution par la sélection naturelle de Darwin. Discutée, affinée, complétée, enrichie depuis maintenant plus de 150 ans elle n’a pas fait disparaître l’idéologie obscurantiste du créationnisme.

Un désinformation ordinaire

Vendredi dernier 12 août 2016, porte-parole du parti écolo EELV , a déclaré sans rire sur France Inter : il ne faut pas laisser faire l »enfouissement des déchets nucléaires à Bures car sinon les générations futures ne pourront pas exploiter l »énergie géothermique du lieu.

Un sommet de désinformation.

    1. La géothermie classique à haute température se pratique dans les régions granitiques pas dans les régions sédimentaires comme à Bures.
    2. La géothermie est le résultat de la radioactivité de la Terre et les centrales nucléaires ne font qu »accélérer le processus de décroissance radioactive de notre planète.
    3. Vaut-il mieux laisser les déchets haute-activité/longue-durée à l »air libre à La Hague que de les enfouir ? En terme de maintien de nos concitoyens dans un état de peur, certainement.

Ce monsieur aurait fait preuve de créativité en expliquant que Bures est une chance pour les générations futures qui pourront, à l »inverse de ce qu »il a dit, y pratiquer une géothermie artificielle et contrôlée.

On lira avec intérêt mon dernier bouquin sur le nucléaire.

Impôt

Comme tout le monde je reçois régulièrement des appels téléphoniques me proposant de payer moins d´impôt. J´ai fini par construire une réponse qui déstabilise les appelants.

– Vous ne voudriez-pas payer moins d´impôt ?

– Non, quand j´étais étudiant je ne payais pas d´impôt, mais je vivais largement moins bien qu´aujourd’hui´hui où j´en paye. Si j´ai pu vivre en ce temps là, c´est parce que d´autres personnes payaient leur dû et c´est maintenant mon tour de la faire. Esquiver l´impôt est égoïste et immoral.

Mondialisation

Dimanche 10 août 2014

La mondialisation est un mode de vie, ce n´est pas que le triomphe du libéralisme économique. La mondialisation c´est la possibilité que me donnent les techniques de communication qui me permettent en permanence d’être connecté avec le monde. Je peux à chaque instant parler à mes proches où qu´ils soient. Il s´agit bien d´un vrai changement, de l´entrée dans une communauté globale.

Comme Français, il me faut me souvenir que notre Grande Révolution de 1789 s´est voulue universelle, un exemple pour le monde, qu´elle a été donc la pionnière de la mondialisation. On n´oublie pas non plus que notre Napoléon a imposé, par la force, le système métrique aux pays qu´il a conquis. Bon d´accord, cette mondialisation là n´est pas terminée et curieusement ceux qui y résistent sont ceux-là même qui imposent leur mondialisation économique.

Rosetta mon amour

Mardi 5 août 2014

Demain la sonde européenne Rosetta doit se mettre en orbite autour d´une comète au nom imprononçable. Cela faut dix ans qu´elle est en route ! Quelle merveille, l´homme est capable d´envoyer tout un laboratoire d´optique ultra sophistiqué pour voir ce qui va arriver à la comète quand elle va passer au plus près du Soleil. Il s´agit d´essayer de savoir si les comètes seraient à l´origine d´une part importante de l´eau sur Terre, mais aussi de savoir si elles ne nous nous auraient pas apporté la matière organique à l´origine de la vie ! Rien de moins. Et dire qu´en ce moment encore, certains croient que les comètes sont des présages de mauvais augure, les pauvres.

Cette expérience est bouleversante de technicité. La constante de gravitation vaut sur Terre 9,81 mètres par secondes carrées. C´est pourquoi je pèse 850 Newton. Sur la Lune elle est 6 fois moins grande car notre satellite est plus petit que la Terre, je n´y pèse plus que 140 Newton (14 kg de masse) et mon toubib devrait y être content. En prenant pour la comète la masse volumique de la comète de Halley, 200 kilos par mètre cube, seulement 3,6% de celle de la Terre, et une sphère de 4 km de diamètre, je trouve que la constante de gravitation n´y est que 1 cent millième de la constante sur Terre !!! La vitesse de satellisation  n´est alors que de 50 cm/s au lieu des 8 km/s sur Terre, la vitesse d´un oiseau. Le simple fait de prendre appuis sur un pied pour faire un pas suffirait à m´éjecter de la comète (si, si).

Voici donc un objet de 3 tonnes qu´il a fallu libérer de l´attraction terrestre ( entre 11 et 15 km/s)  en le promenant pendant 10 ans à repasser 2 fois près de la Terre et de Mars pour qu´en acquérant une part (très, très, très petite) de leur énergie de rotation comme la pierre dans une fronde afin qu´il atteigne la comète. Et maintenant il faut le ralentir à la vitesse d´un oiseau pour être sûr qu´il se mette en orbite ! Et cela il faut le faire alors que Rosetta est à 45 minutes lumière de la Terre ! Simplement grandiose.

Le plus fort est encore à venir, quand dans quelques mois, la sonde lancera le module Philae de seulement 100 kg se poser sur la comète pour en analyser le sol. Je n´ai plus de mots pour teinter mon enthousiasme. Si, inouï.

Logitech Solar keyboard

Jeudi 26 juin 2014

Clavier solaire Logitek

Clavier solaire Logitek pour iPad

Le clavier solaire de la société Logitech transforme instantanément son iPad en ordinateur ultra-portable. L´installation est ultrarapide, la connexion du clavier à la tablette via bluetooth est simplissime, il faut plus de temps pour déballer le clavier que pour l´installer.

Les touches du clavier sont agréables au toucher et de taille suffisante pour permettre une frappe efficace. Il manque un peu d´espace entre le haut du clavier et la tablette et il faut faire attention pour ne pas effleurer l´écran sous peine d´essuyer des instabilités déstabilisantes. La recharge photovoltaïque du clavier lui permet de se faire complètement oublier.

Le plus difficile reste le choix d´une suite office qui nous satisfasse. Pas évident.

Ce clavier est idéal pour qui disposant d´un iPad ne souhaite pas investir dans un ultra-portable.

Sur les indiens

Mardi 20 mai 2014

Il est un mythe qui continue d’être propagé par les milieux environnementalistes bien-pensants : les habitants originels des Amériques vivaient en équilibre avec la nature avant l’arrivée des européens. Cette pensée essaye de faire croire que les indiens n’étaient pas des prédateurs pour la nature, qu’ils ne prélevaient que ce dont ils avaient strictement besoin dans une démarche visant à laisser intact l’équilibre écologique de la nature. Cela n’est strictement pas possible compte tenu de la forte population indienne avant l’invasion européenne post 1492 et les innombrables épidémies ravageuses qu’elle a déclenchées. On estime à, au moins, 25 millions d’individus, la population du Mexique avant le débarquement de Hernán Cortés quand l’Europe toute entière ne compte que 50 millions d’habitants environ. Ainsi que l’a rapporté en 1792 le topographe Peter Fidler, les indiens des plaines pratiquaient en permanence un écobuage à très grande échelle qui favorisait la savane au détriment de la forêt dense, fournissant ainsi une plus grande quantité de nourriture aux chevaux et aux bisons. Les indiens pratiquaient donc une forme lourde d’élevage en favorisant le développement à grande échelle de populations animales sauvages servant de vastes réservoirs de gibier pour la chasse. Ces incendies de plaine disparurent à l’arrivée des blancs et de leurs maladies qui firent disparaître une part estimé de 90% de la population autochtone. Les paysages ouverts qu’avaient créés les indiens parurent aux premiers trappeurs être l’état sauvage de la nature nord américaine et il a semblé, à des envahisseurs mal équipés intellectuellement, que la population indigène vivait en équilibre écologique avec une nature à l’état sauvage.

L’inculture et la pensée manichéenne sont ainsi trop souvent source de contresens interprétatifs. Quand ces contresens sont figés en dogmes, la pensée sombre dans l’obscurantisme.

Source : Charles C. Mann « 1491, nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb », Albin Michel, 2007. ISBN 978-2-226-17592-2

Les extraterrestres sont là !

Dimanche 11 mai 2014

Dans un article* paru dans la revue Nature, le 8 mai, deux équipes américaines publient une extraordinaire expérience de biologie synthétique. Dans la nature, le patrimoine génétique contenu dans les chromosomes est codé par deux paires de base A-T et G-C. L´adenine ne s´apparie qu´à la thymine et la guanine à la cytosine. Cela suffit à former les milliers de gènes qui codent un être vivant. Or il existe d´autres paires de bases qui ne participent pas à la vie mais que l´on sait produire.

Les auteurs de l´article ont réussi le tour de force d´introduire dans l´ADN de bactéries Escherichia coli une paire de base exogène ! Mais ce qui est vraiment extraordinaire est qu´en modifiant la surface des bactéries ils ont permis à la machinerie interne de se « nourrir » des éléments nécessaires à l´introduction de ces nouvelles paires dans le processus de réplication de l´ADN lors de la mitose**. Ces bactéries se sont donc reproduites sur plusieurs générations en conservant leurs paires de bases étrangères sans que cela n´affecte la machinerie de réplication. Peut-être un peu inquiétant : les paire étrangères n´ont été que peu excisées par le processus de réparation de l´ADN.

Au sens propre les extraterrestre sont arrivés puisque ces bactéries n´existent pas sur Terre. Il y a un avant et un après 8 mai 2014. La vie en éprouvette n´est plus un fantasme ou une vision de science-fiction.

Les écolos-obscurantistes n´ont pas fini de hurler à la Lune avec une telle avancée dans la production d´organisme génétiquement modifiés.

 

* Copie sur simple demande

** La mitose est la forme de reproduction asexuée des bactéries qui se dédoublent en deux êtres identiques.